Le bike-polo, nouvelle star des sports de rue ?


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Le bike-polo, nouvelle star des sports de rue ?

|02.03.11 | 11h30  •  Mis à jour le 02.03.11 | 13h2

Des joueurs de bike-polo, version urbaine du vélo-polo.DR

Après le kin-ball, suite de notre mini-série sur les sports insolites avec le bike-polo (2/3).

Des plots et des bouteilles en plastique pour délimiter les cages, des morceaux de bois pour le terrain, un match de bike-polo ressemble à ces parties de foot improvisées avec les copains dans la cour de récréation de l’école. Quelques gadins, quelques coups, le côté artisanal est pleinement revendiqué. Ici, le bricolage est roi. La notion de plaisir aussi. Les règles donnent la priorité au jeu. « On vient d’abord pour l’ambiance, on est une bande de potes. C’est un sport où il y a peu de règles donc peu d’obligation et une vraie sensation de liberté », lance Mathieu, 21 ans, joueur de l’équipe MGM.

C’est en Irlande, à la fin du XIXe siècle, que l’on trouve les premières traces de vélo-polo. La discipline se joue sur gazon et s’adresse à un public plus désargenté et jeune que celui du polo traditionnel, où les joueurs se déplacent à cheval. Le bike-polo, adaptation sur bitume du vélo-polo, émerge véritablement au milieu des années 2000. Il est l’une des composantes de la renaissance du mouvement des vélos à pignon fixe (vélos sans freins ni dérailleur) apparu d’abord aux Etats-Unis : « Cela a commencé par les coursiers. Ils se réunissaient en fin de journée, après le boulot, pour faire des courses », explique Fabrice, joueur des Broken Legs de Rouen, l’un des tous premier français à avoir découvert le bike-polo à Londres à l’été 2008.

Les règles sont simples et peu nombreuses ; les manières de jouer, multiples et flexibles. Unique constante : les matches opposent deux équipes de trois joueurs dont les pieds ne doivent pas être en contact avec le sol lorsqu’ils touchent le ballon. Une main sur le guidon et le frein alors que l’autre tient le maillet, la discipline exige de l’adresse, de l’équilibre et surtout un peu de folie. « C’est très dur, au début. Un sport collectif à vélo, ce n’est pas vraiment naturel, mais, très vite, ça devient addictif », ajoute Fabrice.

Bike Polo @ Paris from Mayeut on Vimeo.

Après les Etats-Unis puis le Royaume-Uni, le bike-polo est arrivé en France en 2007 et a trouvé un public restreint mais solide auprès des premiers adeptes de pignon fixe dans grandes villes (Paris, Rouen, Toulouse…). « L’originalité du bike-polo, c’est ce contraste entre le côté feutré, bourgeois et élitiste du polo et le fait de le détourner en le pratiquant en ville », lance Thomas, administrateur du forum Pignonfixe.com, pionnier lui aussi du bike-polo en France.

Le point fort de ce sport, c’est aussi son esthétique. Beaucoup de ses pratiquants vivotent dans l’univers du graphisme et accordent beaucoup d’importance à leur vélo et au logo de leur équipe. Le faible nombre de joueurs par formation – trois – permet une forte personnalisation des équipes par les joueurs. MGM ; Broken Legs ; Dans ta gueule, puceau… La créativité se retrouve aussi dans le choix des noms d’équipes…

Les pratiquants du bike-polo cultivent un esprit de pionniers. Eviter les règles, les sponsors, les structures, les parallèles entre le bike-polo et des sports de rue comme le skate et le BMX qui ont émergé dans le milieu des années 1990 sont nombreux. Elitiste, branché, communautaire, esthétique et donc « marketable », le bike-polo commence à éveiller l’intérêt de marques de sportswear. Grandir avec le risque de perdre l’esprit du début ou préférer rester une discipline confidentielle et élitiste ? Son développement et la mise en place d’éventuelles structures divisent.

 

DR

CODIFICATION OU UNIFORMISATION ?

Pour beaucoup de pratiquants, un éventuel rattachement à la Fédération française de cyclisme apparaît inenvisageable pour un sport provenant de la culture alternative : « Un rapprochement signifierait la codification de règles, l’homologation du matériel, l’édification de règles de sécurité et donc une certaine uniformisation des types de jeu », souligne Fabrice. Pierre, joueur des Dans ta gueule, puceau, se montre plus nuancé : « La mise en place, par la Fédération de cyclisme, d’une licence individuelle va dans le bon sens. On ne serait pas obligés d’être attachés à un club, on garderait notre liberté et cela pourrait nous aider à développer notre pratique. Je n’ai pas d’opposition de principe à l’arrivée de sponsors ou d’une fédération. Tout dépend de quelle manière ça se fait et sous quelles conditions. Il faut que cela serve au sport. »

Le développement du bike-polo passe en premier lieu par des infrastructures suffisantes pour jouer de manière régulière. « Pour accueillir de nouveaux adeptes, il faut avant tout de la place, des terrains pour jouer », note Grégory, joueur de l’équipe MGM à Paris. Les vélos étant interdits sur la plupart des terrains omnisports de Paris, les joueurs de bike-polo de la capitale ont eu énormément de difficultés à se faire entendre. Des démarches ont été engagées dès le mois de mars 2010 auprès de la direction de la jeunesse et des sports de la ville pour obtenir un terrain. Après des mois d’attente, ils n’en ont obtenu un qu’à la mi-février 2011. Une solution apparue tardivement mais qui devrait permettre au bike-polo de s’installer sur le long terme dans la capitale, d’être ainsi plus visible, de séduire et de s’ouvrir à d’autres pratiquants.

Sébastien Billard

Source: LEMONDE.FR

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